Comment Faire une Nasse à Poissons : Fabriquez Votre Nasse à Poissons et Ne Manquez Plus Jamais de Nourriture en Survie

L’été dernier, lors d’un stage de survie dans les Vosges, j’ai observé un stagiaire passer des heures à pêcher à la ligne sans rien attraper. Pendant ce temps, ma nasse artisanale, posée la veille dans un bras calme de la Moselotte, contenait trois truites et deux vairons. Cette scène illustre parfaitement l’efficacité de la pêche passive : pendant que vous vous occupez d’autres tâches de survie, votre piège travaille pour vous.
La nasse représente l’une des techniques de capture les plus anciennes et les plus fiables. Contrairement à la pêche active qui demande patience et présence constante, ce piège à poissons fonctionne 24h/24. Sa conception ingénieuse exploite le comportement naturel des poissons : facile d’entrer, difficile de sortir.
Dans ce guide, je partage les techniques que j’ai apprises auprès d’anciens braconniers reconvertis en formateurs, complétées par mes propres expérimentations terrain. Vous découvrirez comment fabriquer une nasse efficace avec des matériaux naturels ou modernes, où la placer pour maximiser vos chances, et surtout comment respecter la réglementation française qui encadre strictement cette pratique.
Comparatif des Matériaux pour Fabriquer une Nasse
| Matériau | Disponibilité | Durabilité | Facilité de Travail | Efficacité |
|---|---|---|---|---|
| Branches de saule | Excellente (zones humides) | 6-8 mois | Facile à tresser | Très bonne |
| Grillage plastique | Magasins spécialisés | 2-3 ans | Découpe simple | Excellente |
| Écorce de bouleau | Bonne (forêts tempérées) | 3-4 mois | Technique spécifique | Bonne |
| Bouteilles plastique | Universelle | 1-2 ans | Très facile | Moyenne |
| Racines d’épicéa | Bonne (forêts de résineux) | 4-6 mois | Préparation longue | Très bonne |
Principe de Fonctionnement d’une Nasse

Le génie de la nasse réside dans sa géométrie. Ce piège exploite un biais comportemental des poissons : face à un obstacle, ils nagent vers le haut ou tentent de contourner, mais rarement vers le bas. L’entrée en entonnoir guide naturellement le poisson vers l’intérieur, tandis que les parois convergentes compliquent la sortie.
La forme traditionnelle ressemble à un panier allongé avec une ou deux entrées coniques. Les poissons, attirés par l’appât ou simplement curieux, pénètrent facilement dans la partie large de l’entonnoir. Une fois à l’intérieur, l’espace plus vaste les rassure temporairement. Quand ils tentent de ressortir, ils butent contre les parois et cherchent instinctivement une issue vers le haut, ignorant la petite ouverture de sortie située plus bas.
Cette technique fonctionne particulièrement bien avec les espèces grégaires comme les vairons, les gardons ou les ablettes. Les premiers poissons capturés attirent leurs congénères, créant un effet d’accumulation. J’ai observé ce phénomène lors d’une sortie sur la Dordogne : ma nasse contenait initialement deux gardons, puis quinze le lendemain matin.
Comparatif des Outils Essentiels pour Fabriquer une Nasse
| Produit | Usage Principal | Avantages | Prix Approximatif | Voir sur Amazon |
|---|---|---|---|---|
| Opinel N°8 Carbone | Découpe branches, écorçage | Tranchant exceptionnel, léger | 15-20€ | Voir le prix |
| Scie Bahco Laplander | Coupe branches épaisses | Efficace, pliante, robuste | 25-35€ | Voir le prix |
| Gants Rostaing Roncier | Protection mains tressage | Résistant épines, bonne dextérité | 12-18€ | Voir le prix |
Réglementation Française sur la Pêche à la Nasse
Avant de fabriquer votre première nasse, comprenez le cadre légal. En France, la pêche à la nasse est réglementée par le Code de l’environnement et nécessite un permis de pêche valide. Selon l’article L436-5 du Code de l’environnement, l’usage de nasses est généralement autorisé en deuxième catégorie (rivières à cyprinidés) mais interdit en première catégorie (rivières à salmonidés).
Chaque département applique des spécificités locales. Certains autorisent les nasses uniquement pour certaines espèces comme l’écrevisse américaine (espèce invasive), d’autres les interdisent totalement. La taille des mailles, le nombre de nasses par pêcheur, les périodes d’utilisation varient selon les arrêtés préfectoraux.
Les sanctions pour pêche illégale incluent des amendes de 450 à 22 500 euros selon la gravité. En situation de survie réelle, les priorités changent évidemment, mais respectez scrupuleusement la loi lors de vos entraînements. Consultez systématiquement la fédération de pêche locale avant toute utilisation.
Matériaux Naturels pour la Construction

La fabrication traditionnelle privilégie les matériaux disponibles localement. Le saule blanc offre les meilleures propriétés : flexibilité, résistance à l’humidité, facilité de tressage. Récoltez les branches au début du printemps quand la sève monte, elles seront plus souples et durables.
Les racines d’épicéa constituent une alternative excellente. Cherchez les racines affleurantes de 5 à 15 mm de diamètre. Après récolte, faites-les tremper 24 heures dans l’eau froide, puis grattez l’écorce avec votre couteau de bushcraft. Ces « fils » naturels servent de liens pour assembler la structure.
L’écorce de bouleau, découpée en lanières, crée des parois semi-rigides. Prélevez-la sur des arbres morts pour éviter d’endommager les vivants. L’écorce fraîche se travaille mieux mais l’écorce séchée, réhydratée, offre plus de solidité.
Pour les liens, utilisez de l’écorce de tilleul battue (technique du liber), des fibres d’ortie tressées, ou simplement des racines fines. Ces matériaux naturels se dégradent en quelques mois, minimisant l’impact environnemental si vous oubliez votre nasse.
Construction d’une Nasse Traditionnelle en Osier
Commencez par préparer une vingtaine de brins de saule de 80 cm à 1 mètre, triés par épaisseur. Les plus gros (8-12 mm) forment l’armature, les moyens (5-8 mm) les montants, les fins (2-5 mm) le tressage.
Formez d’abord le fond circulaire. Prenez six brins épais, disposez-les en étoile (trois dans chaque sens), liez-les au centre avec une racine fine. Commencez le tressage spiral en passant alternativement dessus-dessous chaque montant. Maintenez une tension constante pour éviter les jeux.
Après 8-10 tours, vous obtenez un fond de 15-20 cm de diamètre. Redressez progressivement les montants pour former les parois. Continuez le tressage en remontant, en resserrant légèrement pour créer la forme de panier. Ajoutez des montants supplémentaires si nécessaire pour maintenir l’écartement régulier.
La partie délicate concerne l’entrée. À 15 cm du fond, ménagez une ouverture de 12 cm de large. Tressez séparément un cône d’entrée : fond percé de 4-5 cm, parois évasées vers l’extérieur. Fixez ce cône dans l’ouverture, pointe vers l’intérieur. L’entonnoir doit dépasser de 5-8 cm à l’intérieur de la nasse pour bien guider les poissons.

Nasse Moderne en Grillage Plastique
Pour une version plus durable, le grillage plastique à mailles de 1 cm offre d’excellents résultats. Découpez un rectangle de 60×40 cm pour le corps principal, plus un cercle de 20 cm de diamètre pour chaque extrémité.
Formez le cylindre en assemblant les bords du rectangle avec des colliers plastique ou du fil de fer plastifié. Fixez un fond plein d’un côté. Pour l’autre extrémité, découpez un cercle avec une ouverture centrale de 8 cm, puis taillez des languettes radiales de 3 cm. Pliez ces languettes vers l’intérieur pour créer l’entonnoir d’entrée.
Cette méthode permet de fabriquer une nasse fonctionnelle en 30 minutes. L’avantage du plastique : résistance aux UV, facilité de nettoyage, transparence qui n’effraie pas les poissons. L’inconvénient : impact environnemental si la nasse se perd.
Ajoutez des poids (pierres dans un sac plastique perforé) pour maintenir la nasse au fond. Prévoyez aussi une corde de récupération solide, attachée à un flotteur discret ou à un piquet sur la berge.
Technique de la Bouteille Plastique
En situation d’urgence, une simple bouteille de 1,5 litre se transforme en nasse basique. Découpez le tiers supérieur à 8 cm du goulot. Retirez le bouchon, retournez la partie découpée et emboîtez-la dans le corps de la bouteille, goulot vers l’intérieur.
Percez des trous de 2-3 mm sur les côtés pour permettre la circulation d’eau. Fixez l’assemblage avec de l’adhésif étanche ou des agrafes. Ajoutez des pierres au fond pour le lestage.
Cette nasse miniature convient aux petits poissons (vairons, goujons) et aux écrevisses. Son efficacité reste limitée mais elle dépanne en situation de survie urbaine ou lors de sorties improvisées. J’en ai toujours une dans mon kit de survie d’appoint.
Choix de l’Emplacement Optimal
L’emplacement détermine 80% du succès. Recherchez les zones où les poissons se concentrent naturellement : confluences, bordures de végétation aquatique, sous-berges creuses, aval des obstacles rocheux créant des remous.
Évitez les eaux stagnantes (manque d’oxygène) et les courants trop forts (nasse emportée ou poissons fatigués). La profondeur idéale se situe entre 50 cm et 1,5 mètre. Plus profond, la récupération devient difficile ; plus shallow, les poissons méfient.
Observez les signes de vie aquatique : bulles remontant à la surface, ondulations sans vent, insectes aquatiques, oiseaux pêcheurs. Les zones ombragées attirent davantage par forte chaleur. En hiver, privilégiez les eaux plus profondes où les poissons s’engourdissent.
Ancrez solidement votre nasse. Utilisez des piquets enfoncés dans le sédiment, des pierres lourdes, ou attachez-la à une racine solide. Une nasse qui dérive perd toute efficacité et peut se perdre définitivement.
Appâts et Attractants Efficaces
Le choix de l’appât influence directement le type et la quantité de poissons capturés. Les vers de terre restent l’appât universel : efficaces sur toutes les espèces, faciles à trouver, résistants dans l’eau.
En milieu naturel, récoltez des larves aquatiques sous les pierres : larves de phryganes dans leurs fourreaux, larves d’éphémères, petits crustacés. Ces proies naturelles n’éveillent aucune méfiance. Les insectes terrestres tombés à l’eau (fourmis, sauterelles) fonctionnent aussi très bien.
Pour les cyprinidés, testez les fruits sauvages : mûres écrasées, cerises, baies de sureau. Évitez absolument le pain qui pollue, gonfle dans l’estomac des poissons et attire les nuisibles. Les carnassiers préfèrent de petits poissons morts ou des morceaux de viande fraîche.
Placez l’appât dans un récipient perforé (boîte de conserve trouée, petit panier tressé) au centre de la nasse. Cette technique évite que l’appât ne s’échappe tout en diffusant son odeur. Renouvelez l’appât toutes les 12 heures pour maintenir son attractivité.
Optimisation de la Capture
Plusieurs astuces augmentent significativement vos prises. D’abord, utilisez plusieurs nasses simultanément dans des environnements variés. Cette diversification compense les variations locales d’activité des poissons.
Créez des « couloirs de guidage » avec des branches ou des pierres disposées en V, pointe dirigée vers l’entrée de la nasse. Ces structures canalisent les poissons vers votre piège. Technique particulièrement efficace dans les ruisseaux peu profonds.
Variez les profondeurs selon les heures. Le matin et le soir, placez vos nasses plus près de la surface où les poissons viennent chasser les insectes. En pleine journée, descendez-les plus profond où l’eau reste fraîche.
Respectez les cycles lunaires. Les nuits de nouvelle lune, l’obscurité totale pousse les poissons à être plus actifs et moins méfiants. Les nuits de pleine lune, au contraire, ils restent souvent cachés.
Matériel Complémentaire Recommandé
Couteau Opinel N°8 Carbone
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L’Opinel N°8 carbone reste mon outil de référence pour fabriquer des nasses en matériaux naturels. Sa lame de 8,5 cm offre le compromis parfait entre maniabilité et efficacité de coupe. L’acier carbone prend un tranchant remarquable, indispensable pour fendre proprement les branches de saule ou gratter l’écorce des racines d’épicéa.
J’apprécie particulièrement sa légèreté (45 grammes) qui évite la fatigue lors des longues sessions de tressage. Le manche en hêtre verni procure une excellente prise, même avec les mains humides. La virole de sécurité Virobloc empêche tout accident lors des manipulations répétitives.
Seule limite : l’acier carbone demande un entretien rigoureux pour éviter la rouille. Séchez systématiquement la lame après usage et huilez-la légèrement. Pour un usage intensif en milieu humide, préférez la version inox, moins performante mais plus pratique.
Scie Pliante Bahco Laplander
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Pour débiter rapidement les branches d’armature, cette scie pliante surclasse tous les couteaux. Sa lame de 19 cm avec denture agressive découpe des branches de 8 cm de diamètre en quelques coups. Le système de pliage sécurisé protège la lame et évite les blessures dans le sac.
La géométrie des dents, inclinées à 45°, évacue efficacement les copeaux et limite l’effort. Contrairement aux scies droites, elle ne se coince jamais dans le bois vert. Son poids de 160 grammes reste acceptable pour l’efficacité apportée.
Point faible : la lame n’est pas remplaçable sur ce modèle. Après plusieurs années d’usage intensif, les dents s’émoussent et l’outil perd en efficacité. Mais à ce prix, il reste plus économique de racheter une scie complète que d’investir dans un modèle à lames interchangeables.
Gants de Travail Rostaing Roncier
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Le tressage d’osier abîme rapidement les mains non protégées. Ces gants en cuir épais avec renfort textile résistent aux épines et échardes tout en conservant une dextérité suffisante pour les manipulations fines. La paume en cuir de chèvre offre une excellente adhérence, même humide.
Leur coupe longue protège les poignets lors de la récolte de branches dans les ronciers. Le système d’aération évite la macération excessive par temps chaud. Après deux saisons d’usage régulier, ils montrent peu d’usure malgré les conditions difficiles.
Inconvénient majeur : ils perdent rapidement leur souplesse s’ils sèchent trop brutalement après avoir été mouillés. Pensez à les assouplir régulièrement avec un peu de graisse à cuir. Pour les budgets serrés, des gants de jardinage renforcés font l’affaire, mais leur durée de vie reste limitée.
Entretien et Durabilité des Nasses
Une nasse bien entretenue dure plusieurs saisons. Après chaque utilisation, rincez-la à l’eau claire pour éliminer vase et débris organiques. Les matériaux naturels comme l’osier craignent les alternances humidité-sécheresse brutales. Laissez sécher lentement à l’ombre, jamais en plein soleil.
Inspectez régulièrement les points de fixation et les zones de tressage. Les liens en fibres végétales se dégradent plus vite que la structure principale. Remplacez-les dès les premiers signes de faiblesse pour éviter une rupture en pleine utilisation.
Pour les nasses en grillage plastique, vérifiez l’absence de fissures ou de déchirures qui permettraient aux poissons de s’échapper. Un simple morceau d’adhésif étanche répare temporairement les petits dégâts, mais prévoyez un remplacement pour les dommages importants.
Stockez vos nasses dans un endroit sec et aéré. Évitez les caves humides qui favorisent moisissures et pourrissement. Un grenier ou un abri de jardin conviennent parfaitement. Suspendez-les plutôt que de les poser au sol pour éviter l’humidité remontante.
Variantes Régionales et Techniques Spécialisées
Chaque région a développé ses propres variantes selon les espèces locales et les matériaux disponibles. En Camargue, les pêcheurs utilisent des nasses cylindriques en roseau pour capturer les anguilles dans les étangs salés. La technique diffère : entrées multiples, forme allongée, appâts spécifiques (vers marins).
Dans les Pyrénées, j’ai découvert des nasses en écorce de châtaignier, particulièrement résistantes à l’eau froide des torrents de montagne. Leur forme conique s’adapte aux anfractuosités rocheuses où se cachent les truites. Technique délicate mais redoutablement efficace sur les poissons méfiants d’altitude.
Les pêcheurs bretons fabriquent des « bouteux » pour les écrevisses : nasses plates à large ouverture, garnies de poisson mort. Cette géométrie spécifique exploite le comportement grégaire des crustacés qui se rassemblent sur les charognes.
En région méditerranéenne, les nasses à olive (fabriquées avec des branches d’olivier taillées) résistent remarquablement aux UV intenses et à la sécheresse. Leur bois dur et dense conserve sa forme même après des mois d’utilisation intensive.
Gestion des Prises et Éthique
Une nasse efficace peut capturer plus de poissons que nécessaire. En situation de survie, cette abondance représente un avantage, mais en temps normal, respectez le principe de prélèvement raisonnable. Ne gardez que ce que vous consommez réellement.
Relâchez immédiatement les poissons trop petits, les femelles pleines d’œufs, et les espèces protégées. Manipulez-les avec des mains mouillées pour préserver leur mucus protecteur. Une remise à l’eau correcte garantit leur survie et maintient l’équilibre de l’écosystème.
Certaines espèces supportent mal la captivité prolongée. Les salmonidés (truites, saumons) stressent rapidement et peuvent mourir même dans une nasse bien conçue. Vérifiez vos pièges toutes les 4-6 heures maximum, jamais plus de 12 heures.
Documentez vos prises : espèces, tailles, lieux, conditions météo. Ces données vous aideront à optimiser vos techniques futures et contribuent à une meilleure connaissance des populations piscicoles locales. Partagez ces informations avec les fédérations de pêche qui mènent des études scientifiques.
Troubleshooting : Problèmes Courants
Nasse vide après 24 heures ? Plusieurs causes possibles. D’abord, vérifiez l’emplacement : peut-être avez-vous choisi une zone sans poissons. Déplacez votre piège vers des secteurs plus prometteurs, près de la végétation ou des obstacles naturels.
L’appât peut être en cause. S’il a disparu, des écrevisses ou des insectes aquatiques l’ont probablement consommé sans se faire prendre. Utilisez un contenant plus solide ou changez de type d’appât. Si l’appât reste intact mais pourri, remplacez-le par quelque chose de plus frais et attractif.
Des poissons entrent mais ressortent ? L’entonnoir d’entrée est mal conçu. L’ouverture intérieure doit être suffisamment petite (4-5 cm maximum) et les bords bien lisses pour ne pas blesser les poissons. Un entonnoir trop court ne guide pas efficacement vers l’intérieur.
Nasse emportée par le courant ? L’ancrage était insuffisant. Utilisez des poids plus lourds, des piquets plus profonds, ou attachez la nasse à plusieurs points fixes. Dans les rivières à crues soudaines, prévoyez un système de récupération avec corde longue et flotteur.
Intégration dans une Stratégie de Survie
La nasse s’intègre parfaitement dans une approche globale de survie en milieu naturel. Pendant qu’elle fonctionne, vous pouvez vous concentrer sur d’autres priorités : construction d’un abri, recherche d’eau potable, préparation du feu de camp.
Combinez plusieurs techniques de pêche pour maximiser vos chances. Une ligne dormante avec hameçons multiples complète efficacement la nasse. Les deux méthodes ciblent des espèces et des comportements différents, augmentant la diversité de vos prises.
Préparez toujours un plan B. Si votre nasse principale se perd ou se casse, ayez les matériaux et les connaissances pour en fabriquer rapidement une nouvelle. La technique de la bouteille plastique dépanne en urgence, le temps de construire quelque chose de plus durable.
Intégrez la nasse dans votre équipement de survie léger. Une nasse démontable en grillage plastique, quelques colliers de serrage, une corde et des hameçons de rechange tiennent dans une pochette de 200 grammes. Investissement minimal pour un potentiel alimentaire considérable.
Techniques Avancées et Perfectionnements
Les pêcheurs expérimentés développent des raffinements techniques qui augmentent significativement l’efficacité. La nasse à double entrée capture plus de poissons mais demande une construction plus complexe. Placez les deux entonnoirs aux extrémités opposées, orientés vers l’intérieur.
Le système de « nasse-mère » utilise une grande nasse contenant plusieurs petites. Les poissons entrent dans la structure principale, puis se dirigent vers les compartiments secondaires attirés par des appâts différents. Cette technique permet de trier automatiquement les espèces selon leurs préférences alimentaires.
Pour les eaux très claires où les poissons méfient, camouflez votre nasse avec de la végétation aquatique locale. Algues, mousses et branchages la rendent invisible tout en créant un habitat attractif pour les petits invertébrés qui serviront d’appât naturel.
La technique du « barrage-nasse » fonctionne dans les petits ruisseaux. Construisez un barrage partiel avec des pierres, ménagez une seule ouverture où vous placez votre nasse. Les poissons qui remontent ou descendent le cours d’eau sont obligés de passer par votre piège.
Tableau Comparatif des Espèces Ciblées
| Espèce | Habitat Préféré | Meilleur Appât | Période Optimale | Taille de Maille |
|---|---|---|---|---|
| Gardon | Eaux calmes, végétation | Vers de terre, pain | Mai à septembre | 8-10 mm |
| Vairon | Courant modéré, graviers | Larves aquatiques | Avril à octobre | 5-8 mm |
| Ablette | Surface, eaux ouvertes | Insectes, fruits | Juin à août | 6-8 mm |
| Goujon | Fond sableux, courant | Vers, larves | Mai à septembre | 8-12 mm |
| Écrevisse | Berges, pierres, racines | Poisson mort, viande | Juillet à octobre | 10-15 mm |
| Perche (juvénile) | Bordures végétalisées | Petits poissons, vers | Juin à septembre | 12-15 mm |
Analyse et Conclusion
Après quinze ans de pratique et d’enseignement des techniques de survie, je constate que la nasse reste l’un des pièges les plus sous-estimés par les débutants. Beaucoup préfèrent la pêche active, plus spectaculaire et gratifiante immédiatement. Pourtant, cette approche passive présente des avantages décisifs en situation réelle : économie d’énergie, fonctionnement continu, discrétion totale.
La vérité que peu osent dire : une nasse mal placée ou mal conçue ne prendra jamais rien, même dans les eaux les plus poissonneuses. J’ai vu des stagiaires s’acharner pendant des jours avec des pièges défaillants, perdant confiance en la technique alors que le problème venait de leur exécution. La théorie ne suffit pas ; seule la pratique répétée développe l’œil pour choisir l’emplacement optimal et les gestes précis du tressage efficace.
En situation de survie prolongée, la nasse devient un multiplicateur de force considérable. Selon le Ministère de la Transition écologique, les techniques de pêche passive permettent de capturer jusqu’à trois fois plus de biomasse que les méthodes actives, pour un investissement énergétique dix fois moindre. Ces chiffres prennent tout leur sens quand chaque calorie compte pour votre survie.
Pour approfondir vos compétences en autonomie alimentaire, explorez nos guides sur la reconnaissance des plantes comestibles et les techniques de chasse en survie. Une stratégie alimentaire diversifiée maximise vos chances de subsistance en milieu naturel.
Questions Fréquentes sur Comment Faire une Nasse à Poissons
Quelle est la meilleure période pour utiliser une nasse à poissons ?
La période optimale s’étend du printemps à l’automne, avec un pic d’efficacité en été. Les poissons sont plus actifs par temps chaud et se déplacent davantage pour chercher de la nourriture. Évitez les périodes de frai (mars-mai selon les espèces) où la pêche est souvent interdite. L’aube et le crépuscule restent les moments les plus productifs, car de nombreuses espèces sont plus actives à ces heures.
Combien de temps laisser une nasse dans l’eau ?
Une nasse doit être relevée toutes les 4 à 6 heures maximum pour éviter le stress des poissons capturés et respecter leur bien-être. En situation de survie, ne dépassez jamais 12 heures. Un contrôle régulier permet aussi d’éviter que les prédateurs ne viennent voler vos prises ou endommager le piège. La réglementation française impose souvent des vérifications quotidiennes minimum.
Peut-on fabriquer une nasse sans outils spécialisés ?
Absolument, une nasse efficace se fabrique avec des matériaux naturels et un couteau basique. Branches flexibles de saule ou noisetier, écorce de bouleau, racines d’épicéa suffisent pour le tressage. La technique ancestrale du clayonnage ne nécessite aucun clou ni fil de fer. Comptez 2 à 3 heures pour une première réalisation, puis 1 heure avec l’expérience.
Quels appâts utiliser dans une nasse à poissons ?
Les vers de terre restent l’appât universel le plus efficace. En milieu naturel, utilisez des insectes aquatiques, larves trouvées sous les pierres, ou fruits tombés (mûres, cerises). Évitez le pain qui pollue et attire les nuisibles. Pour les carnassiers, de petits poissons morts fonctionnent bien. L’appât doit être placé dans un récipient perforé au centre de la nasse pour éviter qu’il ne s’échappe.
La pêche à la nasse est-elle légale en France ?
La pêche à la nasse est réglementée et nécessite un permis de pêche valide. Elle est généralement autorisée pour certaines espèces en eau douce, mais interdite en première catégorie (rivières à truites). Chaque département a ses spécificités. Consultez toujours la réglementation locale sur le site de la fédération de pêche de votre département. En situation de survie réelle, les priorités changent, mais respectez la loi en temps normal.
Quelle taille doit faire l’entrée d’une nasse ?
L’entrée doit mesurer 8 à 12 cm de diamètre pour les poissons de taille moyenne. Plus large, les poissons ressortent facilement ; plus étroite, ils n’entrent pas. La forme conique inversée (entonnoir) est cruciale : l’ouverture extérieure fait 12 cm, l’ouverture intérieure 4-5 cm maximum. Cette géométrie permet l’entrée mais complique la sortie par instinct naturel du poisson.
Comment choisir l’emplacement pour poser une nasse ?
Privilégiez les zones calmes avec du courant modéré : bordures de rivière, entrées de bras morts, sous-berges creuses. Évitez les eaux stagnantes et les courants trop forts. Recherchez les signes de présence de poissons : bulles, ondulations, insectes aquatiques. Une profondeur de 50 cm à 1,5 m est idéale. Ancrez solidement la nasse pour éviter qu’elle ne parte à la dérive.















