Gants Tactiques Chauds Imperméables : Guide Complet pour Choisir le Bon Modèle

La première fois que j’ai compris ce qu’était vraiment un bon gant tactique hivernal, ce n’est pas derrière un écran. C’était sur un sentier du Vercors, par une matinée de novembre avec une neige fondue qui tombait en biais. J’avais aux mains une paire de gants militaires « chauds et imperméables » achetés en grande surface, et au bout de vingt minutes mes doigts ne répondaient plus correctement. Impossible de plier l’index pour lire la carte, encore moins de manipuler la fermeture de mon sac. Résultat : j’ai passé l’heure suivante à avancer avec des mains à moitié gelées parce que j’avais choisi un gant qui sonnait bien sur l’étiquette, mais qui ne tenait pas les promesses.

Depuis, j’ai testé une trentaine de modèles différents — des gants à moins de quinze euros jusqu’à des références militaires à soixante —, j’ai compris quelles technologies fonctionnent, lesquelles sont du marketing, et pourquoi la plupart des gens achètent le mauvais gant. Ce guide est là pour vous éviter cette erreur. On va parler matériaux, normes, isolation, dextérité, et je vais vous montrer les modèles que j’ai réellement retenus, avec leurs vraies limites.

Ce Que « Tactique » Veut Vraiment Dire pour un Gant de Plein Air

Le mot « tactique » est devenu un argument commercial passe-partout. Techniquement, un gant tactique est un équipement conçu pour des situations où la main doit rester fonctionnelle sous contrainte : manipulation d’outils, d’armes, de cordes, de matériel électronique, dans des conditions météo dégradées. Il se distingue d’un simple gant d’hiver par trois points concrets.

D’abord, la structure de paume : un gant tactique sérieux possède des zones renforcées en cuir synthétique (généralement du suède PU ou de l’Armortex) qui résistent à l’abrasion sans ajouter d’épaisseur là où la sensibilité compte le plus. Ensuite, les articulations : la plupart des modèles intègrent des coques ou des renforts en caoutchouc thermoplastique (TPR) sur le dos de la main, capables d’absorber les chocs selon la norme ANSI 138 Niveau 1 ou 2 selon les références. Enfin, la compatibilité écran tactile : non pas deux points conducteurs à l’index et au pouce, mais une paume entière ou des doigts spécifiquement traités avec une microfibre conductrice qui fonctionne par temps froid et humide.

Ajoutez une isolation thermique intégrée, un traitement hydrofuge ou une membrane, et vous avez ce qu’on appelle un gant tactique chaud imperméable — une pièce d’équipement qui n’existe pas vraiment en tant que catégorie dans les magasins de sport généraliste, mais qui représente exactement ce dont un randonneur, chasseur ou pratiquant de survie a besoin dès que la température passe sous les cinq degrés.

La Physiologie du Froid aux Mains : Pourquoi les Extrémités Gèlent en Premier

Comprendre pourquoi vos mains se refroidissent plus vite que votre torse, c’est comprendre comment bien les protéger. L’organisme humain, lorsqu’il est exposé au froid, enclenche un mécanisme de vasoconstriction : il réduit l’irrigation sanguine des zones périphériques — mains, pieds, visage — pour concentrer la chaleur vers les organes vitaux. C’est un mécanisme de survie, pas une panne.

Conséquence pratique : si vous avez froid au torse, vos mains seront déjà en train de perdre en dextérité. La protection des extrémités commence donc par une bonne isolation du corps entier. Mais les mains ont un désavantage supplémentaire : leur surface d’échange est élevée par rapport à leur volume, et elles sont constamment en contact avec des objets froids — une carte, un couteau, un mousqueton. Le métal transfère le froid par conduction vingt fois plus vite que l’air. Un gant qui ne protège que du vent mais pas du contact est insuffisant pour une pratique active.

Selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), l’hypothermie constitue le risque le plus grave d’une exposition prolongée au froid, avec une chute de la température interne sous 35 °C, et les gelures des extrémités représentent le premier signe d’alerte avant que cette situation critique ne s’installe. Protéger ses mains, c’est donc protéger sa capacité à agir avant de protéger sa santé.

Les Matériaux d’Isolation : Thinsulate, PrimaLoft et Alternatives

L’isolation thermique d’un gant se joue principalement entre deux technologies dominantes sur le marché tactique : le 3M Thinsulate et le PrimaLoft. Comprendre leurs différences, c’est éviter de payer pour une performance qu’on n’utilisera pas.

Le 3M Thinsulate est une fibre synthétique ultra-fine (environ 15 microns de diamètre, soit deux fois moins que les fibres de polaire classiques) qui emprisonne l’air chaud dans un volume très réduit. Sa grammage se décline en C40, C60, C100, C150 — le chiffre indique les grammes par mètre carré. Un C40 correspond à une isolation légère pour une activité soutenue, un C100 à une isolation intermédiaire pour des températures autour de 0 °C. Sa résistance à l’humidité est correcte : il conserve environ 70% de ses capacités isolantes une fois mouillé, ce qui en fait un choix fiable pour une activité avec transpiration. La certification 3M est vérifiable sur le site de l’organisme, ce qui évite les copies sans propriétés réelles.

Le PrimaLoft Gold offre des performances légèrement supérieures en termes de rapport poids/chaleur, avec une meilleure rétention de chaleur à l’humidité. Il est utilisé dans des gants plus premium, souvent associés à une membrane Gore-Tex.

La polaire — souvent vendue sous des noms vagues comme « doublure thermique » — est moins performante à volume égal et retient l’humidité durablement. Elle convient pour des sorties courtes par temps sec et frais, pas pour une exposition prolongée ou une activité intense.

Membrane Imperméable vs Traitement DWR vs SoftShell : Ce Que Chaque Solution Fait Vraiment

Trois technologies coexistent dans les gants présentés comme « imperméables », avec des niveaux de protection radicalement différents.

Le traitement DWR (Durable Water Repellency) est un revêtement chimique déposé sur la surface extérieure du gant qui fait perler les gouttes d’eau. Il protège des projections légères et de la neige sèche, mais se sature sous une pluie prolongée. Il s’use avec le lavage et se réactive par la chaleur (passage au sèche-linge). Pratiquement tous les gants SoftShell utilisent ce système.

Le SoftShell combine un tissu stretch extérieur densément tissé avec un traitement DWR. Il est coupe-vent, résiste à une pluie faible pendant quinze à vingt minutes, et reste respirant. C’est la solution la plus courante sur les gants tactiques à isolation légère ou moyenne — comme sur les Mechanix ColdWork.

La membrane imperméable (Gore-Tex, membrane TPU laminée, ou membrane respirante propriétaire) est une couche microporeuse insérée entre l’extérieur du gant et la doublure. Elle bloque les molécules d’eau liquide (trop grosses pour traverser les pores) tout en laissant passer la vapeur d’eau (évacuation de la transpiration). C’est la seule solution qui tient réellement sous une pluie forte et prolongée. Elle est aussi plus chère et moins flexible.

Pour de la randonnée active avec passages pluvieux, un SoftShell correctement entretenu suffit dans la majorité des cas. Pour la chasse en poste, le bivouac ou la sortie par forte pluie, une membrane intégrée est indispensable.

Les Normes à Connaître : EN 388, EN 511 et ANSI 138

Les certifications sur un gant ne sont pas du marketing si on sait les lire. Voici les trois qui apparaissent sur les gants tactiques hivernaux sérieux.

La norme EN 388 (éditée par le Comité Européen de Normalisation, CEN) mesure la résistance aux risques mécaniques : abrasion, coupure, déchirure, perforation. Elle est représentée par quatre chiffres de 0 à 4 (ex : 2121X). Pour un gant tactique de randonnée, un résultat de 2 ou 3 en abrasion et en coupure est suffisant. Ce n’est pas une norme de chaleur : un gant certifié EN 388 peut très bien laisser passer le froid.

La norme EN 511 mesure spécifiquement la protection contre le froid, selon deux axes : résistance au froid par convection (chiffre 1 sur l’étiquette, de 0 à 4) et par conduction (chiffre 2). Un gant noté « 22X » en EN 511 offre une protection intermédiaire contre les deux. Un gant avec seulement la mention « coupe-vent » sans certification EN 511 n’a pas été testé pour le froid : méfiance.

La norme ANSI 138 (American National Standards Institute) mesure la résistance aux impacts dorsaux. Elle s’applique aux coques TPR sur les articulations. Un Niveau 2 ANSI 138 signifie que les coques ont absorbé au moins 70% de l’énergie d’un impact de 5 joules lors des tests — c’est la référence des gants Mechanix M-Pact.

Tableau Comparatif : Gants Tactiques Chauds Imperméables

Modèle Isolation Imperméabilité Normes Usage principal
Mechanix ColdWork Original Thinsulate C40 3M SoftShell déperlant EN 388 : 2121X Randonnée active, chasse légère
Mechanix ColdWork M-Pact Thinsulate C40 3M SoftShell laminé coupe-vent ANSI 138 Niv. 2 + EN 388 VTT hivernal, airsoft, survie
FREE SOLDIER Hiver Imperméable Doublure polaire épaisse Nylon haute densité + DWR Aucune certif. officielle Randonnée hivernale, conduite
WTACTFUL Full Finger Tactique Microfibre isolante légère Résistance légère à l’eau Aucune certif. officielle Mi-saison, airsoft, trail
Gant tactique avec membrane TPU PrimaLoft 60–150 g Membrane imperméable respirante EN 511 : 22X / Gore-Tex Bivouac, alpinisme technique, grand froid

Dextérité vs Isolation : Le Compromis Fondamental

Voilà le vrai sujet que les fiches produits évitent soigneusement. Un gant ne peut pas être à la fois parfaitement isolant et parfaitement précis. Plus l’isolation est épaisse, plus la paume est rigide, plus la sensibilité au doigt diminue. C’est une réalité physique, pas un défaut de fabrication.

Pour une randonnée en mouvement, où l’effort physique maintient une partie de la chaleur corporelle, un gant avec Thinsulate C40 et paume fine est le bon choix : vous gardez la dextérité pour consulter une carte, sortir une boussole, utiliser un couteau — voir notre guide sur les couteaux de survie adaptés au plein air hivernal. Pour un bivouac statique à -5 °C, il faut une isolation plus importante, quitte à sacrifier la précision.

Le système en deux couches — un sous-gant fin en laine mérinos ou en soie, porté sous un gant tactique — est souvent plus efficace qu’un seul gant épais, et il permet de retirer la couche externe rapidement sans exposer la main au froid. C’est le système utilisé par les militaires des forces spéciales dans les environnements nordiques, et ça reste valable pour n’importe quel randonneur sérieux.

Ce Que les Avis Amazon Ne Disent Pas

Après avoir lu plusieurs centaines d’avis sur les gants tactiques hivernaux, j’ai remarqué un pattern. La majorité des déceptions portent sur deux choses : l’imperméabilité surestimée et la taille mal adaptée. Rarement sur l’isolation ou la durabilité.

L’imperméabilité, j’en ai parlé plus haut. La taille est un problème récurrent parce que les marques asiatiques (FREE SOLDIER, WTACTFUL, Unigear) utilisent des gabarits souvent plus petits que les standards européens. Un utilisateur qui commande un L européen peut se retrouver avec l’équivalent d’un M européen. La règle : mesurez votre tour de main en centimètres, comparez avec le tableau du fabricant, et en cas de doute avec un gant isolé (qui rajoute un peu de volume intérieur), prenez la taille au-dessus.

Les marques établies comme Mechanix ont des tailles calibrées pour des mains européennes et leurs tableaux sont fiables. Ça justifie en partie leur différence de prix par rapport aux génériques.

Le Système Multicouche : Sous-Gant + Gant Tactique

Pour des températures sous -5 °C, ou pour des sorties longues avec des phases statiques (affût, lecture de carte, pause bivouac), le système en deux couches devient indispensable. Le sous-gant absorbe la transpiration et apporte une première isolation, le gant tactique extérieur assure la protection mécanique, l’imperméabilité et une isolation complémentaire.

Les meilleurs sous-gants pour ce système sont en laine mérinos (150 à 200 g/m², thermorégulant et naturellement antibactérien) ou en soie (ultra-léger, excellent rapport chaleur/épaisseur). La soie est particulièrement adaptée si vous devez retirer fréquemment le gant tactique, car elle reste sur la main et limite le refroidissement par contact avec l’air. On en parle aussi dans notre section dédiée aux kits de survie complets pour randonnée hivernale.

Un détail que peu de guides mentionnent : le sous-gant doit impérativement rentrer dans le manchon du gant tactique sans créer de bourrelet au poignet. Un pli dans la doublure à cet endroit crée un point de compression qui ralentit la circulation et accélère le refroidissement des doigts. Essayez la combinaison avant votre sortie.

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Mechanix Wear ColdWork Original — La Référence Tactique Thermique


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Le ColdWork Original est le gant que je recommande en premier aux personnes qui cherchent un équipement tactique pour la randonnée hivernale sans compromis de dextérité. La construction est simple mais rigoureuse : dos de main en SoftShell imperméable avec traitement DWR, isolation Thinsulate C40 3M intégrée, paume en cuir synthétique Mechanix compatible écran tactile, et renfort Armortex sur la selle du pouce — zone d’usure prioritaire pour toute personne qui manipule des cordes ou un couteau régulièrement. La fermeture poignet en TPR assure un serrage sûr sans velcro qui s’use.

En pratique, ce gant tient correctement entre -2 et -8 °C pour une activité soutenue. La dextérité est remarquable pour un gant isolé : je porte ces gants pour lire une carte 1:25000, pour dévisser un bouchon de gourde, pour allumer mon réchaud — les trois opérations passent sans retirer le gant. Les systèmes d’allume-feu à une main deviennent utilisables avec ce type de gant, ce qui n’est pas le cas avec des moufles ou des modèles à isolation épaisse.

Sa limite principale est claire : sous une pluie forte et prolongée (plus de 30 minutes), le SoftShell sature et les doigts commencent à ressentir l’humidité. Ce n’est pas un gant pour une randonnée sous la pluie continue. Pour cet usage, il faudra soit une surcouche imperméable, soit passer à un modèle avec membrane. Le ColdWork Original vise la polyvalence par temps froid sec ou avec projections légères, et il excelle dans ce registre.

Mechanix Wear ColdWork M-Pact — Protection Renforcée pour Terrain Exigeant


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La version M-Pact du ColdWork ajoute ce qui manque à l’Original pour les terrains techniques : un exosquelette TPR complet sur les articulations certifié ANSI 138 Niveau 2, un rembourrage D30 sur la paume pour absorber les chocs par contact, et une barrière coupe-vent laminée sur le dos de la main qui améliore la résistance au vent par rapport au simple SoftShell. L’isolation Thinsulate C40 3M est identique. La paume en E-Suede imperméable offre une meilleure résistance à l’humidité que l’Original en conditions mixtes.

Ce modèle s’adresse aux pratiquants qui cherchent une polyvalence étendue : VTT hivernal, airsoft, escalade en falaise par temps froid, sortie de canyoning en début d’hiver. Les coques sur les articulations absorbent les chocs contre la roche ou les guidons sans que les doigts voient leur chaleur s’échapper par ces ponts froids — c’est un détail de conception qui fait la différence sur plusieurs heures. J’ai utilisé ces gants pour une traversée en crampons dans les Pyrénées : la prise sur les piolets est sûre, les doigts restent mobiles même après deux heures d’effort intense.

Le compromis à connaître : le M-Pact est légèrement plus volumineux que l’Original en raison des coques, ce qui le rend un peu moins à l’aise pour des manipulations très fines. Et comme le ColdWork Original, il n’est pas pensé pour une immersion prolongée dans l’eau. Pour des sorties en terrain varié avec risque d’impact, c’est l’option la plus cohérente de cette sélection.

FREE SOLDIER Gants Hiver Imperméables — Le Rapport Qualité/Prix du Terrain


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FREE SOLDIER propose ici un gant pensé pour le grand public hivernal qui veut un équipement fonctionnel sans budget professionnel. La coque extérieure est en nylon haute densité avec revêtement DWR, la doublure intérieure est une polaire épaisse confortable, et des bandes réfléchissantes en silicone sur la paume assurent une prise antidérapante correcte. La boucle anti-perte sur le côté est un petit plus pratique en randonnée. La compatibilité écran tactile au bout des doigts fonctionne correctement pour un usage standard.

Pour une randonnée en forêt par temps frais et sec (entre 0 et -5 °C), ou pour de la conduite et des déplacements urbains par froid, ces gants font le travail pour un prix qui laisse de la marge dans le budget équipement. La silhouette reste fine au niveau des doigts malgré la doublure, ce qui permet une manipulation correcte du matériel de base.

Il faut en revanche être honnête sur leurs limites : la doublure polaire absorbe l’humidité plus lentement que le Thinsulate, et une fois humide elle met du temps à sécher. Dans les avis utilisateurs, plusieurs confirment que le traitement DWR ne suffit pas sous une pluie soutenue — les mains finissent par percevoir l’humidité après vingt à trente minutes. Ce n’est pas un gant pour des conditions météo sévères ou des sorties longues par temps de pluie. Pour les conditions difficiles récurrentes, le budget supplémentaire d’un Mechanix se justifie rapidement.

Protection des Mains en Contexte de Survie : Ce Que Disent les Pompiers et les Secouristes

La protection des mains ne se limite pas au confort. Lors d’une situation d’urgence en milieu naturel — blessure légère, nuit imprévue, arrêt forcé par une météo dégradée —, des mains qui fonctionnent correctement font la différence entre une situation gérée et une situation qui dégénère. Selon les recommandations de la Sécurité Civile française sur la prévention des risques liés au froid, les engelures des doigts représentent l’un des premiers facteurs de perte d’autonomie lors d’expositions prolongées. Voir les ressources d’Ameli.fr sur les risques de l’hypothermie pour comprendre la progression des symptômes.

Un gant tactique bien choisi n’est donc pas un accessoire : c’est un outil de sécurité. On en parle également dans notre article sur les couvertures de survie et gestion du froid en bivouac d’urgence. Combiner une bonne protection des mains avec une source de lumière fiable — voir notre guide sur les lampes de survie pour randonnée hivernale — est la base d’un équipement minimal cohérent pour toute sortie en montagne.

Analyse et Conclusion : Ce Que la Plupart des Guides N’Osent Pas Dire

Voilà la vérité que j’aurais voulu lire avant de passer plusieurs hivers à tâtonner : il n’existe pas de gant tactique chaud imperméable parfait. C’est un compromis triangulaire permanent entre isolation, dextérité et imperméabilité, et tout gant qui prétend exceller sur les trois axes en même temps est soit très cher, soit de la publicité. Les modèles honnêtes annoncent clairement ce qu’ils font bien et ce pour quoi ils ne sont pas prévus — c’est exactement ce qu’on retrouve dans la documentation Mechanix, par exemple.

Ce que la plupart des articles ne disent pas non plus, c’est que l’usage compte autant que le matériel. Un gant avec Thinsulate C40 sur une randonnée active à -3 °C vous tiendra aussi chaud qu’un gant isolé C100 sur un bivouac statique à 0 °C. La chaleur que vous produisez par l’effort est votre premier isolant. Comprendre ça change complètement la façon d’acheter.

Pour un randonneur ou pratiquant de plein air hivernal qui part du débutant, mon conseil pratique concret est de commencer par un budget intermédiaire (les Mechanix ColdWork sont dans ce registre), de pratiquer dans des conditions progressivement plus froides, et d’identifier ses propres manques avant d’investir dans des modèles plus techniques. Le pire scénario est d’acheter des gants haut de gamme pour des sorties qui ne les justifient pas — et de passer à côté de matériel plus utile comme une couverture de survie légère, un moyen de communication d’urgence ou un filtre à eau portable qui, eux, peuvent réellement sauver une situation.

La recommandation officielle de l’INRS pour la prévention du froid insiste sur l’importance de « fournir des équipements de travail adaptés » et d’organiser des pauses de réchauffement — deux éléments directement transposables au contexte de la randonnée et du plein air. Équipez-vous juste, apprenez à reconnaître les premiers signes de refroidissement (engourdissement, perte de préhension, doigts bleuissant), et gardez toujours la possibilité de retourner à un abri avant que la situation ne se dégrade.

« En cas d’exposition au froid prolongée, l’hypothermie constitue le risque le plus important. Elle est caractérisée par une chute de la température interne inférieure à 35 °C et l’apparition de frissons. Il s’agit d’une urgence grave. »

INRS, Travail au froid — Accidents et effets sur la santé

FAQ — Gants Tactiques Chauds Imperméables

Quelle est la différence entre un gant tactique chaud et un gant de ski classique ?

Un gant tactique chaud est conçu pour allier protection thermique et dextérité opérationnelle : il permet de manipuler des outils, des cordes ou un téléphone sans être retiré, là où un gant de ski privilégie le volume d’isolation au détriment de la précision. Les gants tactiques hivernaux intègrent souvent des renforts sur les articulations (TPR ou coques), une paume antidérapante structurée, et une compatibilité écran tactile sur tous les doigts. Ils sont pensés pour une utilisation active — randonnée, chasse, bivouac — et non pour rester statique dans un télécabine.

Les gants tactiques imperméables résistent-ils vraiment à la pluie et à la neige ?

Cela dépend du système utilisé. Un gant avec membrane intégrée (Gore-Tex, membrane TPU ou revêtement DWR) résiste à une immersion légère et à la pluie continue. Un simple revêtement SoftShell déperlant, comme sur les Mechanix ColdWork, repousse les projections d’eau mais ne tient pas sous une forte pluie prolongée. La norme EN 511 mesure résistance au froid par conduction et convection — elle ne mesure pas l’imperméabilité en tant que telle. Pour une étanchéité complète, cherchez explicitement la mention « membrane imperméable » ou « waterproof liner ».

Comment choisir la bonne taille de gants tactiques ?

Mesurez le tour de main au niveau des articulations (doigts exclus), en centimètres. Un tour de 19–21 cm correspond généralement à une taille M, 22–23 cm à L, 24–25 cm à XL. Préférez ajuster avec la mesure du fabricant car les marques tactiques utilisent des gabarits différents. En cas de doute entre deux tailles, prenez la plus petite : un gant légèrement ajusté conserve mieux la chaleur qu’un gant lâche qui crée des poches d’air froid.

Quelle isolation thermique est la plus efficace dans un gant tactique : Thinsulate, PrimaLoft ou polaire ?

Le 3M Thinsulate est la référence pour les gants techniques : il isole même humide, reste fin (donc sans impact sur la dextérité) et sèche rapidement. Le PrimaLoft Gold offre des performances similaires avec un excellent rapport poids/chaleur. La polaire simple est moins performante à épaisseur égale et retient l’humidité. Pour une activité de mouvement avec risque de transpiration, le Thinsulate C40 ou C100 reste le meilleur choix dans la catégorie gants tactiques.

Peut-on utiliser des gants tactiques chauds pour l’airsoft ou le paintball en hiver ?

Oui, et c’est même une combinaison très efficace. Les gants tactiques hivernaux à coques TPR sur les articulations absorbent les impacts de billes tout en maintenant les mains au chaud. L’essentiel est de vérifier que le gant ne restreint pas le réflexe de détente : les modèles à paume fine et coques dorsales (comme les Mechanix M-Pact ColdWork) sont taillés pour ce type d’usage. Évitez les gants avec isolation épaisse sur la paume, qui diminuent la sensibilité.

Les gants tactiques protègent-ils du gel et de l’engelure ?

Un gant tactique isolé réduit le risque d’engelures en maintenant la température des extrémités au-dessus du seuil critique. Mais aucun gant de ce type n’est conçu pour des températures extrêmes sous -20 °C sans sous-gant. Selon l’INRS, la prévention des gelures repose sur le port de protections adaptées mais aussi sur la limitation du temps d’exposition et des pauses de réchauffement régulières. En dessous de -10 °C, un système en deux couches (sous-gant mérinos + gant tactique) est plus sûr qu’un seul gant épais.

Comment entretenir des gants tactiques imperméables pour préserver leur étanchéité ?

Lavez à la main ou en machine à 30 °C avec un détergent technique sans assouplissant (qui bouche les pores des membranes). Après séchage à l’air libre, réactivez le traitement DWR en passant les gants 10 minutes dans un sèche-linge à basse température. Si le revêtement ne repousse plus les gouttes, appliquez un spray déperlant de type Nikwax TX.Direct. N’utilisez jamais de nettoyant à base de solvant sur les gants avec membrane intégrée. Pour prolonger la durée de vie des équipements tranchants et autres outils de plein air, la même attention à l’entretien régulier s’applique.

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