Bâche silnylon vs polyéthylène en bushcraft : comparatif technique pour choisir le bon matériau

Je me souviens d’une nuit dans le Morvan, à environ 900 mètres d’altitude, sous une pluie qui avait commencé vers vingt-deux heures et ne s’était pas arrêtée jusqu’à l’aube. J’avais monté mon tarp silnylon en A-frame entre deux hêtres, tendu bas pour couper le vent, incliné pour drainer l’eau loin du sac. Résultat : sec jusqu’aux bagages. Mon binôme, lui, avait emporté une bâche polyéthylène renforcée du commerce — plus lourde, moins compacte, mais théoriquement plus étanche. Il a passé une bonne nuit aussi, mais avec ce bruit de plastique qui claque dans le vent toutes les dix minutes. Matériaux différents, expériences différentes, besoins différents.

Le débat silnylon contre polyéthylène n’est pas un concours avec un vainqueur absolu. C’est une question de contexte : votre profil de randonnée, la durée de vos sorties, le poids que vous acceptez de porter, le budget que vous souhaitez y consacrer. Cet article vous donne les éléments techniques concrets — grammages, colonnes d’eau, résistances à la déchirure, comportement aux UV — pour prendre une décision éclairée. Sans jargon inutile, avec les données que les fabricants présentent rarement de façon aussi claire.

Le terme « tarp » désigne simplement une bâche tendue entre deux points, sans armature rigide. C’est l’abri de base du bushcraft et de la randonnée légère : polyvalent, rapide à monter, compact. Le matériau qui le constitue détermine presque tout le reste de ses caractéristiques. Deux matières dominent le marché grand public francophone : le silnylon d’un côté, le polyéthylène de l’autre. Voici comment les distinguer vraiment.

Bâche silnylon vs polyéthylène en bushcraft
Bâche tarp en bushcraft en forêt

Le silnylon : ce qu’il est vraiment, pas ce que les fiches produit en disent

Le silnylon — contraction de silicone et nylon — est un tissu en nylon (polyamide) imprégné de silicone liquide sur ses deux faces. Cette double imprégnation n’est pas un simple revêtement superficiel : le silicone pénètre dans les fibres du tissu et les solidarise, ce qui modifie profondément ses propriétés mécaniques. Le résultat est un matériau élastique, lisse, hydrophobe, résistant à la déchirure bien au-delà de ce que son grammage laisse supposer.

La dénomination commerciale indique souvent le denier du fil de base : 20D, 30D, 40D. Le denier (D) mesure la finesse du fil — plus il est bas, plus le fil est fin et le tissu léger. Un silnylon 20D pèse autour de 40 à 50 g/m², quand un 40D atteint 70 à 80 g/m². Ces chiffres semblent anodins jusqu’à ce qu’on les applique à une surface de 3×3 m : la différence de poids entre un 20D et un 40D sur cette superficie représente 270 à 360 g — soit l’équivalent d’une demi-bouteille d’eau. En randonnée, ça compte.

Le comportement hydrophobe du silnylon mérite qu’on s’y attarde. L’eau ne traverse pas le tissu — elle roule dessus, comme sur une plume d’oiseau préimperméabilisée. Cette propriété déperlante signifie que la pression de l’eau à la surface reste faible, ce qui explique pourquoi un silnylon avec une colonne d’eau théorique de 1 500 mm protège efficacement lors de pluies que ses chiffres d’étanchéité ne sembleraient pas pouvoir contenir. La norme ISO 811, qui mesure l’imperméabilité par résistance à la pression de l’eau, ne capture pas cette dynamique de surface — elle mesure la résistance statique, pas le comportement réel en conditions de pluie battante.

La résistance à la déchirure : le vrai avantage structurel

Exemple de tente bache tarp en bushcraft
Exemple de tente bache tarp en bushcraft

Des tests menés par la communauté Randonner-Léger.org — forum de référence francophone sur les équipements ultralégers — montrent que les silnylons surpassent nettement les tissus enduits PU de même grammage en résistance à la déchirure. Cette supériorité vient de deux facteurs : d’abord, le silicone accroît l’élasticité des fibres, ce qui leur permet de se déformer avant de rompre ; ensuite, l’imprégnation double face rend le tissu plus homogène dans sa résistance quelle que soit la direction de l’effort. Un tarp silnylon accroché à une branche sous tension vive résiste mieux à l’arrachement que son équivalent PU de même grammage.

La limite est réelle : le silnylon se détend sous humidité et température chaude. Une bâche bien tendue à froid peut se retrouver légèrement détendue au matin d’une nuit humide, créant des poches d’eau si l’inclinaison n’est pas suffisante. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, mais ça impose une technique de tension anticipée et une géométrie d’installation qui tient compte de ce relâchement prévisible.

Le polyéthylène : le matériau que tout le monde connaît mais que personne ne compare vraiment

Le polyéthylène (PE) est un polymère plastique thermoplastique utilisé dans une immense variété d’applications industrielles et domestiques. Dans le contexte des bâches outdoor, il se présente sous deux formes principales : le film PE tissé renforcé (les bâches agricoles ou de chantier à l’armature visible en filets croisés) et le film PE extrudé renforcé, plus homogène, qu’on trouve dans les bâches de survie ou d’urgence de qualité.

L’imperméabilité est sa qualité première et intrinsèque. Là où le silnylon doit son étanchéité au revêtement silicone — qui peut se dégrader avec le temps et les UV —, le polyéthylène est imperméable par constitution : le film plastique ne laisse pas passer l’eau, point. Cette caractéristique le rend particulièrement intéressant pour les bâches de sol ou les couvertures de survie, où la pression mécanique (poids du corps) est plus agressive que la simple pression de la pluie.

La résistance aux UV est également un avantage notable : les bâches PE de qualité intègrent des stabilisateurs ultraviolets dans leur formulation, ce qui leur permet de résister au soleil plusieurs saisons sans délaminage. Un silnylon exposé en continu au soleil voit ses performances diminuer plus rapidement, l’ultraviolet attaquant les fibres de nylon.

Poids, volume et bruit : les trois défauts qui éliminent le PE en randonnée légère

Une bâche polyéthylène renforcée 3×3 m de qualité correcte pèse entre 900 g et 1,5 kg. Pour le même format en silnylon 40D, comptez 550 à 750 g. Sur un sac de randonnée de 10 kg, la différence de 400 à 800 g est perceptible à la fin d’une longue journée de marche. Mais c’est le volume qui pose souvent plus de problème que le poids : une bâche PE de 3×3 m se roule en un cylindre relativement encombrant. Un silnylon de même surface tient dans la paume de la main une fois comprimé dans son sac de rangement.

Le troisième inconvénient est plus difficile à chiffrer mais tout aussi réel : le bruit. Une bâche PE tendue par vent moyen produit un claquement répétitif qui peut gêner le sommeil et, en contexte de discrétion (chasse, observation de faune, randonnée sauvage), trahit la présence du camp. Le silnylon, plus souple et moins rigide, claque beaucoup moins et amorce mieux les vibrations du vent.

La norme ISO 811 et la colonne d’eau : comment lire les chiffres d’étanchéité

Exemple de tente bache tarp au bord d'un lac en bushcraft
Exemple de tente bache tarp au bord d’un lac en bushcraft

La colonne d’eau — exprimée en millimètres — indique la hauteur d’une colonne d’eau qu’un tissu peut supporter avant de laisser passer la première goutte. C’est la mesure normalisée de l’imperméabilité des textiles, définie par la norme ISO 811 / EN 20811. Un chiffre de 1 500 mm signifie que le tissu résiste à une colonne d’eau de 1,5 mètre avant pénétration ; à 3 000 mm, il résiste à une colonne de 3 mètres.

En pratique pour le bivouac, une colonne d’eau de 1 300 mm est considérée comme le seuil minimal d’imperméabilité selon les standards européens. La pression exercée par une pluie normale se situe entre 1 000 et 2 000 mm. Toute valeur au-delà de 2 000 mm est, pour une utilisation tarp standard en randonnée française, de la marge de sécurité plus que de la nécessité absolue — à condition que les coutures soient correctement étanchéifiées.

Un silnylon 20D typique affiche des valeurs mesurées entre 1 500 et 2 000 mm selon les marques. Un polyéthylène renforcé de qualité dépasse souvent 3 000 mm. Mais rappelons ce que la mesure ne dit pas : la capacité déperlante du silnylon réduit la pression effective exercée par l’eau sur le tissu. Un tarp silnylon correctement incliné dans une bonne pluie se comporte souvent aussi bien qu’un tarp PE de colonne d’eau théoriquement supérieure.

« L’enduction silicone, appliquée sur le nylon, accroît significativement la résistance à la déchirure et aux UV. Il est souvent impossible d’imperméabiliser les coutures par thermocollage, il faudra envisager d’autres solutions comme le Silnet. » — MonBivouac.com, guide technique imperméabilité textile

Résistance aux UV et longévité dans le temps

Le nylon, fibre organique synthétique, dégrade sous l’action des ultraviolets. Cette dégradation est progressive : les liaisons moléculaires se fragilisent, la résistance à la déchirure baisse, l’imperméabilité du revêtement diminue. Les silnylons de bonne qualité intègrent des inhibiteurs UV dans leur formulation, ce qui ralentit ce processus — mais ne l’annule pas. Un silnylon exposé régulièrement en plein soleil aura une durée de vie plus courte qu’un même tissu utilisé principalement à l’ombre.

Le polyéthylène avec stabilisateurs UV se comporte généralement mieux sur ce point. Sa nature plastique lui confère une résistance intrinsèque à la photodégradation supérieure à celle du nylon. En revanche, les bâches PE bon marché sans stabilisateurs UV deviennent cassantes et se déchirent en bordure d’œillet après une ou deux saisons d’exposition estivale — un phénomène que tout campeur occasionnel a probablement déjà observé sur une bâche de jardin.

Comportement par grand froid

C’est un point rarement abordé dans les comparatifs grand public : le comportement à basse température. Le polyéthylène perd en souplesse dès que les températures descendent sous 0°C. Une bâche PE froide devient plus rigide, plus difficile à replier, et ses zones de pliure répétées finissent par craqueler. Certains films PE bon marché se fissurent franchement par grand froid.

Le silnylon, grâce à l’élasticité du silicone, conserve sa souplesse jusqu’à des températures bien en dessous de -10°C. Pour les sorties hivernales en haute montagne ou en conditions nordiques, cet avantage est concret : votre tarp reste maniable et peut être replié proprement même quand la température a chuté pendant la nuit. C’est une raison supplémentaire pour laquelle le silnylon est le choix par défaut des randonneurs nordiques et des alpinistes bivouaquant.

L’étanchéification des coutures : l’étape oubliée qui change tout

La différence entre un tarp silnylon décevant et un tarp silnylon excellent tient souvent à une seule chose : l’état des coutures. Contrairement aux tarps en nylon enduit PU, dont les coutures peuvent être thermocollées en usine avec des bandes de scellement, les coutures d’un tarp silnylon ne permettent pas ce type de traitement — le silicone n’adhère pas au thermocollant.

Les marques sérieuses livrent leurs tarps silnylon avec les coutures pré-traitées au Silnet ou équivalent, ou fournissent le tube avec le produit. Les marques moins scrupuleuses — et elles sont nombreuses sur les plateformes de vente en ligne — livrent des tarps avec des coutures brutes. Ces coutures brutes laissent passer l’eau lors de pluies prolongées ou de ruissellement sous pression.

Si vous achetez un tarp silnylon, vérifiez systématiquement que les coutures ont été traitées. Si ce n’est pas mentionné ou si vous avez un doute, appliquez vous-même du Silnet (ou du Seam Grip SIL) sur l’ensemble des coutures côté intérieur du tarp. L’opération prend vingt minutes, coûte environ huit euros, et peut faire la différence entre une nuit sèche et une nuit passée à éponger.

Quel matériau pour quel usage concret en bushcraft ?

La question n’est pas abstraite. Elle se pose différemment selon votre pratique réelle. Pour la randonnée légère sur plusieurs jours, où chaque gramme compte et où le sac est porté quotidiennement, le silnylon est le choix logique — sa légèreté et sa compacité sont ses atouts dominants. Pour le camp de base semi-permanent, une installation qui reste en place plusieurs jours, ou pour le kit de voiture, le polyéthylène renforcé est parfaitement adapté : plus lourd mais plus robuste aux abrasions répétées, moins coûteux à remplacer si endommagé.

Pour les kits de survie d’urgence intégrés dans un sac 72h ou un sac de voiture, le polyéthylène domine le marché pour une raison simple : son coût est imbattable. Une bâche PE de survie de bonne qualité coûte deux à cinq fois moins cher qu’un tarp silnylon équivalent. Si vous ne l’utilisez jamais parce que c’est de la préparation d’urgence, le prix est un critère rationnel. Si vous sortez régulièrement et que votre tarp est utilisé chaque week-end, l’investissement dans un silnylon de qualité s’amortit sur des années d’utilisation.

Il existe aussi un troisième matériau que les débutants oublient souvent dans ce débat : le polyester ripstop enduit PU. Plus lourd que le silnylon mais moins que le PE, plus abordable que le silnylon, avec une résistance aux UV supérieure, il occupe une position médiane très pertinente pour le randonneur intermédiaire qui ne court pas après le gramme mais veut de la durabilité. Le polyester ne se détend pas sous l’humidité — contrairement au nylon — ce qui facilite le maintien de la tension d’installation.

Produits recommandés : nos sélections selon le profil d’usage

DD Hammocks DD Tarp 3×3 Multicam — Le tarp bushcraft de référence


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Le DD Tarp 3×3 est devenu en quelques années la référence des écoles de bushcraft britanniques et continentales. Sa construction en polyester 190T avec enduction PU 3 000 mm et coutures thermocollées lui confère une étanchéité fiable sans bricolage de coutures préalable. Ses 19 points d’attache renforcés — 16 en périphérie et 3 sur la ligne de faîte — ouvrent un nombre de configurations d’abri presque illimité : lean-to, A-frame, tipi, abri en diamant, tarp de sol. À 790 g (hors sardines et cordes), il n’est pas le plus léger du marché, mais son rapport robustesse/polyvalence/prix justifie sa popularité.

Ce que le DD Tarp ne fait pas, et qu’il faut dire clairement : ce n’est pas un tarp ultraléger. Si vous courez après les 500 g pour une surface 3×3, vous n’êtes pas dans la cible de ce produit. Le motif Multicam, séduisant pour le camouflage en forêt tempérée, est légèrement plus lourd que les coloris unis. Et comme tout tarp polyester enduit PU, son enduction vieillira avec les années et les UV — une réimperméabilisation périodique sera nécessaire pour maintenir ses performances après une utilisation intensive. Son compagnon naturel dans un kit survie complet : un bon kit de survie avec couverture de survie et paracord.

DD Hammocks DD Tarp 3.5×3.5 — La couverture étendue pour hamac et bivouac à deux


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Même technologie que le 3×3, même enduction PU 3 000 mm, même qualité de construction — mais avec 50 cm supplémentaires dans chaque dimension. Ce surplus semble modeste sur le papier, il est en réalité décisif en pratique : il permet une couverture complète d’un hamac XL avec le débord latéral nécessaire par pluie oblique, ou un bivouac sol confortable pour deux personnes avec les sacs. Sur la ligne de faîte à hauteur de ceinture sous une averse, le débord fait la différence entre une garde-robe sèche et un dortoir humide.

Nuance honnête : ce tarp pèse plus que son petit frère 3×3 et s’avère sensiblement plus encombrant replié. Pour un randonneur solo qui pratique le bivouac hammock avec un profil de marche intensif, le 3×3 reste suffisant. Le 3.5×3.5 prend tout son sens en duo, en conditions hivernales, ou quand on veut cuisiner à l’abri de la pluie avec l’espace nécessaire pour s’asseoir confortablement. Les couvertures de survie utilisées sous ce tarp complètent efficacement l’isolation thermique par nuits froides.

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C’est la bâche qui répond à la question : « J’ai besoin d’un grand abri polyvalent sans me ruiner. » Sa construction  en fait un abri étanche à la pluie normale, et ses dimensions 3,6×4,8 m permettent de couvrir un espace de camp pour deux à quatre personnes, ou d’aménager une zone cuisine séparée de la zone sommeil. Légère pour sa catégorie et livrée dans un format compact, elle convient au randonneur qui accepte un peu de poids supplémentaire en échange d’une grande surface de protection.

Ce que cette bâche ne fera pas : elle ne résistera pas à des conditions de montagne extrêmes avec vent soutenu au-delà de 60 km/h — les œillets de fixation sont le point faible, comme sur la plupart des bâches de cette gamme de prix. Elle n’a pas la compacité d’un silnylon et son comportement par vent est plus bruyant. C’est honnêtement une bâche de camp de base, de kit de voiture ou de premier équipement — pas un tarp de randonnée prolongée en terrain difficile. Pour compléter ce type d’abri, un bon allume-feu de survie fiable reste indispensable pour le camp sous pluie.

Tableau comparatif : silnylon vs polyéthylène vs polyester PU en bushcraft

Critère Silnylon (20-40D) Polyéthylène renforcé Polyester ripstop enduit PU
Poids (3×3 m) 350 – 750 g 900 g – 1,5 kg 600 g – 1 kg
Colonne d’eau 1 500 – 2 000 mm (+ effet déperlant) 2 000 – 3 500 mm 2 000 – 3 000 mm
Résistance déchirure Très bonne (silicone élastique) Correcte (fragile aux œillets) Bonne (ripstop)
Résistance UV Moyenne (nylon sensible) Bonne (si stabilisateur UV) Bonne (polyester stable)
Comportement au froid Excellent (reste souple) Médiocre (rigidification) Bon (ne se détend pas)
Compacité Excellente (tient dans la main) Faible (encombrant) Bonne
Prix indicatif (3×3 m) 60 – 150 € 10 – 40 € 35 – 90 €
Étanchéification coutures Manuelle requise (Silnet) Non requise Thermocollage possible en usine

Analyse et conclusion : ce que les comparatifs ne disent pas

Il y a une idée reçue tenace dans le monde du bushcraft : celle qui assimile automatiquement silnylon à qualité supérieure et polyéthylène à solution de secours pour débutants. Cette hiérarchie est inexacte. Le polyéthylène renforcé a des domaines d’excellence réels — imperméabilité intrinsèque sans entretien de coutures, résistance aux UV, coût d’acquisition — qui en font un choix rationnel pour certains usages, notamment les camps fixes, les kits de survie de voiture ou les abris d’urgence destinés à ne servir qu’une fois. Un pratiquant de bushcraft expérimenté qui comprend les deux matériaux aura souvent les deux dans son équipement, pas un seul.

La vraie nuance contre-intuitive de ce sujet : un tarp polyester enduit PU de qualité intermédiaire — ni le silnylon ultraléger ni la bâche PE bon marché — offre souvent le meilleur rapport performance/durabilité/budget pour le randonneur moyen qui sort dix à vingt nuits par an. Ce troisième matériau, éclipsé par le débat silnylon/PE, résiste mieux aux UV que le nylon, ne se détend pas sous l’humidité, se répare plus facilement, et peut être thermocollé en usine — un avantage de fabrication que le silnylon ne permet pas. Les tarps DD Hammocks 3×3, construits en polyester PU 3 000 mm, en sont l’illustration directe : des tarps robustes, fiables, accessibles, adoptés par des milliers de pratiquants qui ne cherchent pas le gramme minimal mais la performance constante.

Sur le plan de la sécurité en nature, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) rappelle que l’hypothermie reste l’un des risques majeurs lors de nuits en plein air, particulièrement en mi-saison. Un abri efficace et étanche n’est pas un luxe de confort — c’est un équipement de sécurité. Investir dans un tarp de qualité, qu’il soit silnylon ou polyester PU traité, c’est réduire concrètement ce risque. La bâche de survie PE bon marché a son rôle en tant que solution d’urgence dans un kit de préparation ; elle ne doit pas être confondue avec un abri de nuit fiable pour une pratique outdoor régulière.

Si ce comparatif vous a été utile, notre guide sur les kits de survie complets et notre sélection des couvertures de survie complètent naturellement ce sujet. Pour le camp lui-même, une lampe de survie fiable et un couteau de survie adapté au montage de l’abri forment avec le tarp le noyau dur de tout bivouac autonome réussi.

Questions fréquentes sur les Bâche silnylon vs polyéthylène en bushcraft

Quelle est la différence entre une bâche silnylon et une bâche polyéthylène ?

Le silnylon est un tissu en nylon recouvert de silicone des deux côtés : léger, souple, résistant à la déchirure et très compact une fois plié. Le polyéthylène (PE) est un film plastique tissé ou extrudé : imperméable de manière intégrée, résistant aux UV, moins cher, mais plus lourd, plus volumineux et bruyant par vent. En bushcraft, le silnylon excelle dans les sorties à pied où le poids compte. Le polyéthylène convient mieux aux installations semi-permanentes ou aux kits de survie d’urgence où le coût prime.

Le silnylon est-il plus étanche que le polyéthylène ?

Les deux matériaux sont étanches dans des conditions normales de pluie, mais leur fonctionnement diffère. Le polyéthylène est intrinsèquement imperméable par sa structure même, sans couture ni enduction à maintenir. Le silnylon dépend de la qualité du revêtement silicone et de l’étanchéification des coutures. La colonne d’eau d’un bon silnylon atteint 1 500 à 2 000 mm ; un polyéthylène renforcé de qualité dépasse les 3 000 mm. Cependant, le silnylon est déperlant : l’eau roule dessus plutôt que de s’accumuler, ce qui compense en pratique son indice théoriquement plus bas.

Quelle bâche est la plus légère pour la randonnée bushcraft ?

Le silnylon est nettement plus léger que le polyéthylène pour une surface équivalente. Un tarp silnylon 3×3 m pèse typiquement entre 350 et 800 g selon le grammage du tissu (de 20D ultra-léger à 40D plus robuste). Une bâche polyéthylène de même dimension pèse généralement entre 900 g et 2 kg. Pour le randonneur qui compte chaque gramme, le silnylon s’impose. Pour un campement de base ou un kit de voiture, la différence de poids est moins critique.

Faut-il imperméabiliser les coutures d’une bâche silnylon ?

Oui, c’est l’étape que beaucoup d’acheteurs omettent et qui explique la plupart des déceptions avec le silnylon. Contrairement aux bâches enduits PU qui peuvent être thermocollées, les coutures d’un tarp silnylon ne peuvent pas être soudées : le silicone ne permet pas l’adhérence du thermocollant. Il faut appliquer manuellement un produit de scellement à base de silicone (type Silnet, Seam Grip SIL) sur toutes les coutures, laisser sécher 24 heures, et recommencer l’opération tous les deux à trois ans selon l’utilisation.

Peut-on utiliser une bâche polyéthylène bon marché pour le bushcraft sérieux ?

Les bâches PE agricoles ou de chantier fonctionnent comme abri d’urgence ou pour les premières sorties bushcraft. Leurs limites sont réelles : elles sont plus lourdes, moins compactes, plus bruyantes par vent, et se fragilisent aux points de fixation plus rapidement que les tarps textiles. Les grommets se déchirent souvent sous tension forte. Pour des sorties régulières et des conditions difficiles, un tarp en polyester ripstop enduit PU ou en silnylon représente un investissement justifié.

Quelle taille de tarp choisir pour un bivouac solo en bushcraft ?

Pour un usage solo avec hamac, une bâche de 3×3 m est la taille minimale recommandée : elle offre suffisamment de débord latéral pour protéger en cas de pluie oblique. Pour un usage au sol (montage en A ou en lean-to), une bâche 3×3 m ou 3×4 m convient. En conditions difficiles ou en bivouac prolongé, un 4×3 m offre une marge de manœuvre appréciable. La règle empirique : prévoyez toujours 50 cm de débord de chaque côté de votre espace de couchage.

Comment entretenir un tarp silnylon pour prolonger sa durée de vie ?

Le silnylon est sensible aux UV sur le long terme : stockez votre tarp à l’abri de la lumière directe. Nettoyez-le à l’eau froide avec un chiffon doux sans détergent agressif. Séchez-le complètement avant de le replier et de le ranger — un tarp stocké humide développe des odeurs et peut être altéré. Réimperméabilisez les coutures tous les deux à trois ans avec un produit à base de silicone. Évitez de plier toujours aux mêmes lignes pour ne pas fragiliser le tissu à ces points de pliure répétés.

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